Nouvelles perspectives dans les neuropathies optiques héréditaires 

Docteur Catherine Vignal

Service de Neuro Ophtalmologie de l’Hôpital Fondation Rothschild, Paris
Centre de Référence Maladies Rares, Centre Hospitalier National d’Ophtalmologie des 15-20, Paris
Centre Ophtalmologique d’Imagerie et de Laser, Paris
 
crédit : © sturti / Getty Images / iStock

La génétique est une discipline en pleine expansion, dont les améliorations techniques successives permettent la mise en évidence d’un nombre toujours croissant d’anomalies de l’ADN nucléaire (ADNn) et de l’ADN mitochondrial (ADNm) chez les patients suspects cliniquement de neuropathie optique génétique (NOG). L’apport de la génétique dans les atrophies optiques est rapporté par Zheng et collaborateurs en 2025 dans la revue Brain, où les auteurs établissent en vie réelle les profils cliniques et génétiques chez 826 patients chinois étudiés avec un panel de 50 gènes nucléaires et les comparent aux données de la littérature. Les auteurs concluent sur l’hétérogénéité des NOG, et sur l’importance du séquençage de l’exome dans le diagnostic des formes non mitochondriales de la maladie.

Quant à la neuropathie optique héréditaire de Leber (LHON), c’est l’analyse de l’ADN nucléaire (ADNn) par séquençage d’un panel de gènes qui a permis l’identification récente de cas de LHON à transmission autosomique récessive (arLHON), liés à des
mutations bialléliques de l’ADNn, rompant ainsi avec le dogme de transmission mitochondriale exclusive de la maladie. Une revue de la littérature publiée dans la revue Brain en 2023 par Guy Lenaers et collaborateurs fait le point sur ce nouveau mode de transmission et le phénotype de ces patients.

En parallèle aux progrès de la génétique, l’amélioration des techniques d’imagerie, en particulier celle du fond d’œil avec la très bonne définition actuelle de la tomographie par cohérence optique (OCT) Spectral Domain, permet de relier le phénotype, notamment visuel, l’évolution de la structure oculaire et le génotype du patient afin d’aboutir à un meilleur suivi individualisé et permettre une bonne sélection des patients pour des futurs essais cliniques thérapeutiques. La même équipe de Zheng et collaborateurs a ainsi analysé de manière rétrospective en 2024 une cohorte chinoise de 1516 familles de LHON publiée dans le British Medical Journal, et proposé une matrice pronostique combinant l’âge d’apparition des symptômes et le profil évolutif de la papille optique analysé par le fond d’œil et l’OCT.

Ces trois publications soulignent également les liens entre la clinique, l’imagerie et la génétique dans l’identification et la compréhension des NOG, toujours dans le but d’un meilleur suivi des patients et de la découverte de traitements. C’est ainsi que le
Plan France Médecine Génomique 2025 a validé la demande de la filière SENSGENE et autorisé le séquençage du génome chez les patients suspects de NOG et pour lesquels l’étude préalable de l’ADN mitochondrial et d’un panel de gènes nucléaires impliqués dans les NOG n’avait pas retrouvé d’anomalie génétique.

Je remercie Springer Health+ pour cette invitation à collaborer dans cette newsletter soutenue par Chiesi ainsi que pour leurs engagements contre les maladies rares.

Je vous souhaite une bonne lecture !

 

Docteur Catherine Vignal

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